LAS VEGAS
Origines de Las Vegas (1859-1955)
Las Vegas n'est à l'origine qu'un simple lieu-dit marécageux alimenté par des sources artésiennes jaillies au milieu du désert. En 1829, l'explorateur et marchand espagnol Antonio Armijo conduit une caravane de 60 hommes le long de l'Old Spanish Trail pour établir une route commerciale entre le Nouveau-Mexique et Los Angeles. Un de ses éclaireurs Raphael Rivera, à la recherche de sources d'eau, découvre le lieu, nommé Las Vegas (ce qui signifie les prairies, les prés ou les vallées fertiles) à cause de l'eau présente dans le sous-sol.
En 1855, Brigham Young président de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, y conduit un groupe de 30 missionnaires afin de convertir les indiens Païutes au mormonisme : des fermiers mormons construisent un fort et s'établissement dans ce hameau de manière permanente. Face à des récoltes insuffisantes et la révolte des indiens, les mormons abandonnent le site en 1857 en pleine guerre de l'Utah. L'armée américaine investit le fort, le rabaptisant fort Baker, en 1864. Grâce aux sources d'eau, Las Vegas devient une étape sur la route entre Los Angeles et Albuquerque. Une voie de chemin de fer y passe, désenclavant le hameau.
Officiellement, le village de Las Vegas est fondé le 15 mai 1905, puis acquiert le statut de ville le 16 mars 1914.
Des casinos à Sin City (1931-1989)
Deux événements contribuent au développement de la ville au début des années 1930 : l'aménagement du barrage Hoover, situé à une cinquantaine de kilomètres au sud (la ville de Las Vegas ayant fait pression pour être le quartier général de la construction du barrage) et la légalisation des jeux d'argent en 1931. Las Vegas est également colonisée par des peuples dits libres de cow boys et de Cheyennes.
La prostitution se développe et la ville gagne en notoriété lorsque des investisseurs (notamment des grandes figures de la mafia comme Bugsy Siegel ou Meyer Lansky) construisent des hôtels-casinos dans le centre-ville et sur le Strip après la Seconde Guerre mondiale. Le Flamingo est l'un des premiers en 1946 suivi par le Desert Inn (1950), le Binion's (1951), le Sahara (1952), l'Hacienda (1956) ou le Tropicana (1957) ; le Mirage devient en 1989 le premier vrai complexe hôtelier à Las Vegas. La ville devient « Sin City » (la « Ville du Péché ») et « City without Clocks » (« la Ville sans horloge », les casinos n'ayant ni fenêtre ni horloge afin de ne pas distraire les joueurs ).
Dans les années 1970-1980, le tourisme de masse augmente et contribue à la croissance économique de la ville, notamment grâce aux titans des casinos Howard Hughes et Steve Wynn. Dans les années 1980-1990, elle devient un centre de conventions.
Mafia et casinos
Derrière ces investisseurs se cachent parfois des personnalités du crime organisé de la côte Est telles que Bugsy Siegel ou Meyer Lansky. Aux États-Unis, un certain nombre de caisses de retraites sont en effet gérées par les syndicats, syndicats eux-mêmes noyautés par la pègre.
Ainsi, dans les années 1940 à 1970, la Mafia s'est retrouvée à la tête de millions de dollars, issus soit des caisses de retraites, soit de ses trafics. Millions de dollars qu'il fallait blanchir ou faire fructifier, et si possible les deux en même temps. L'option casino a été très vite retenue : tout se fait en liquide et dans des proportions telles que la comptabilité est affaire de « souplesse ».
Au départ, la Mafia préférait Cuba, et les débuts du Flamingo, l'hôtel-casino lancé en 1946 par Bugsy Siegel furent difficiles. En effet, Cuba présentait, à la fin des années 1940, d'énormes avantages : extraterritorialité, alliance tacite avec le pouvoir politique local et la CIA afin de maintenir l'île dans l'orbite américaine, proximité immédiate de la côte Est, de loin la région des États-Unis la plus peuplée à cette époque. En 1959, la chute de Batista, le dictateur renversé par Fidel Castro, marquèrent la fin de cette ère de prospérité : la Mafia se rabattit donc sur Las Vegas.
Luxe et stars.
Toutefois, tant en matière artistique qu'hôtelière, cette époque mafieuse est reconnue comme plus « raffinée » que dans la période 1970-1990. Les hôtels à dimension humaine alliaient le chic et le luxe à un service irréprochable et les plus grandes stars du moment se produisaient à Las Vegas.
L'exemple le plus connu en est d'ailleurs le fameux Rat Pack : Frank Sinatra et sa « bande de rats » (Dean Martin, Sammy Davis, Jr., Peter Lawford, beau-frère de John F. Kennedy, et parfois Joey Bishop ou Shirley MacLaine) improvisaient tous les soirs sur la scène de la Copa Room de l'hôtel Sands détruit depuis. À la même période s'y produisait régulièrement le duo comique Bennett & Hudson. Même le King, Elvis Presley, s'y produisait plusieurs fois par an.
Plus récemment, Céline Dion a présenté pendant cinq ans au Caesar's Palace le spectacle A New Day… qui s'est terminé le samedi 15 décembre 2007. Il aura attiré plus de 3 millions de spectateurs et aura rapporté 450 millions de dollars de recette. À partir du 1er décembre 2012, Shania Twain prend le relais de Céline Dion au Caesar's Palace pour une durée de 2 ans, les semaines où cette dernière est en pause.
Diversification depuis 1989
Las Vegas était surnommée Sin City (« la ville du péché ») à cause des jeux d'argent, des spectacles pour adultes et de la prostitution légale dans les comtés voisins. Mais à partir de 1989, les autorités locales décidèrent de diversifier la ville vers une clientèle plus familiale et consensuelle avec le Circus Circus et l'Excalibur. C'est à ce moment-là que le gigantesque hôtel The Mirage sortit des sables grâce à l'homme d'affaires Steve Wynn. Depuis, la croissance de la ville tourne autour de 5 % par an.
Les casinos et les attractions se sont multipliés ainsi que les services connexes. La croissance de la population a suivi à un rythme effréné, ce qui pose quelques problèmes d'infrastructures. C'est même la ville la plus attrayante du pays.
En 2003, la population de l'agglomération (Las Vegas Valley) comptait 1 583 172 habitants. Un Chinatown apparut même au début des années 1990 sur Spring Mountain Road.
Face à la crise économique mondiale, Las Vegas mise à la fin des années 2000 sur les spectacles et revendique d'être The Entertainment Capital of the World (en) (« la capitale mondiale du divertissement ») au même titre que Los Angeles.
Le NOUVEAU MEXIQUE
Le Nouveau-Mexique fait partie en 1846 de territoires qui furent cédés par le Mexique sous le nom de Cession mexicaine, à la suite de la Guerre américano-mexicaine. Par la suite, il est devenu Territoire des États-Unis (sur une très large superficie incluant l'Arizona voisin), ce n'est que depuis le 6 janvier 1912 que le Nouveau-Mexique a le statut d'État.
Les Indiens Pueblos
Les premiers Indiens ont exploité les ressources de la région et ont développé une culture originale il y a plusieurs millénaires. Les ruines amérindiennes témoignent de cette occupation ancienne dans la région de Santa Fe et dans les grottes montagnes de Sandia dont le sommet le plus élevé est la crête de Sandia (3 255 m d'altitude) près d'Albuquerque. Les Indiens Pueblos sont leurs successeurs : ils ont construit des petites villes notamment dans la vallée du río Grande.
Le premier à prendre contact avec les pueblos est Estevanico d' Azemmour envoyé en éclaireur par le vice-roy de Mexique, Antonio de Mendoza. Marcos de Niza assimila les villages pueblos aux légendaires cités d'or. Le conquistador Francisco Vásquez de Coronado mena alors une expédition pour trouver ces cités en 1540-1542. Il établit son camp dans l'actuel Coronado State Monument en 1541. Mais son passage souleva l'hostilité des indigènes qui furent finalement écrasés par les Espagnols. Les trois principaux villages pueblos sont Zuni, Santo Domingo, et Laguna.
Colonisation espagnole
Les Espagnols se sont lancés dans l'exploration du Nouveau-Mexique dès le xvie siècle : Francisco Vásquez de Coronado est l'un des premiers à visiter la région. Juan de Oñate part du Mexique en 1598 et fonde un village appelé San Juan, sur le site actuel de Santo Domingo. Il envoie Vicente de Zaldivar écraser les Indiens Acoma ; il massacre 500 hommes et les survivants sont soit réduits en esclavage, soit amputés d'un pied pour les hommes âgés de plus de 21 ans. Lors des expéditions lancées contre les Indiens Tompiros, 800 indigènes sont tués et leurs pueblos sont rasés. Oñate acquiert une réputation sanguinaire et de nombreux Amérindiens quittent leurs villages pour trouver refuge dans les montagnes, où ils meurent de froid et de faim. Oñate doit quitter son poste de gouverneur. En 1609, Pedro de Peralta fonde la ville de Santa Fe à la tête de 250 espagnols, militaires et colons et 700 indigènes originaires de Tlaxcala. L'avancée espagnole contraint les Indiens Pueblos à se réfugier auprès des Apaches.
L'Espagne prit possession des territoires indiens du Nouveau-Mexique qui fut intégré à la Nouvelle-Espagne. Les Espagnols installèrent des missions (Picuris Pueblo, Pecos Pueblo) et des forts (Santa Fe, El Paso) pour encadrer les indigènes, mais cet encadrement ne fut jamais suffisant. Le Nouveau-Mexique ne fut pas une colonie de peuplement : on comptait 250 Espagnols en 1634. Une société esclavagiste se met en place avec le système de l'encomienda. Entre les années 1630 et 1680, un contexte difficile (sécheresse, famine, épidémie de variole, attaques des Apaches) pousse les Pueblos à se révolter. Ils attaquent les colons ou les franciscains à Taos-Jemez (1639), San Juan et Santa Fe. En 1680, la Grande Révolte est organisée par Popé, un chaman de la tribu des Tewa. Il coordonna la rébellion en envoyant des cordelettes nouées pour annoncer le début de l'insurrection contre les Espagnols. Cette dernière aboutit au massacre de près de 400 Espagnols, à la destruction des églises et à la prise de Santa Fe, avec l'aide des Apaches. Les Pueblos exigeaient alors la fin de la présence espagnole et la libération de tous les esclaves de Nouvelle-Espagne. En 1698, le gouverneur finit par rétablir l'ordre après avoir massacré et réduit en esclavage des centaines d'Amérindiens. Seuls les Hopis demeurent insoumis ; les autres doivent verser un tribut en nature et entretenir le palais du gouverneur.
En 1842, le Nouveau-Mexique compte 63 498 âmes dont le tiers est composé d'Indiens.
Conquête de l’Ouest
L'exploitation minière et l'élevage de bétail contribua à l'expansion de la population du Nouveau-Mexique à la fin du xixe siècle.
Durant la guerre de Sécession, l'armée Confédérée lança sa campagne du Nouveau-Mexique pour tenter d'ouvrir un nouveau front.
L'arrivée des mineurs et des ranchers mena à la création de petites villes typiques du Wild West. Les hors-la-loi et les shérifs défraient régulièrement les manchettes des journaux dont les célèbres Billy the Kid et Pat Garrett.
L'Oklahoma
L’Oklahoma est l’un des états les plus marqués par l’histoire de l’Ouest. Considéré tout juste bon à y parquer les indiens, l’Indian Territory accueillit les premiers damnés rouges de la colonisation anglo-saxonne : choctaws, chickasaws, séminoles, creeks, suivis des cherokees déportés des Appalaches en 1838 par la funeste Piste des Larmes. Ce n’est donc pas par hasard si Oklahoma signifie « homme rouge » en choctaw, l’état abritant encore aujourd’hui l’une des plus fortes concentrations indiennes du pays (39 tribus installées sur place). Seuls blancs à se risquer dans ce "no man’s land" redouté, des hors-la-loi comme Sam et Belle Starr, et les cow-boys montant les troupeaux texans vers les « Reines de la Prairie » du Kansas…
HISTOIRE
Réalisant que les terres étaient exploitables, les blancs commencèrent à s’installer de manière erratique avant que des courses à la terre ne soient organisées officiellement. Ceux qui arrivaient les premiers sur les terres prédécoupées par le cadastre du US. Land Office, devaient construire une maison et travailler la terre pendant au moins cinq ans avant de devenir propriétaires. Près de Chandler et d’Oklahoma City eut lieu la première du genre. Au coup de canon, quelques 50.000 candidats s’élancèrent à pied, à cheval ou en voiture pour aller occuper le lopin de terre de leur rêve. A la stupéfaction des indiens, le soir du 22 avril 1889, les plaines et collines étaient parsemées de tentes.
De 1889 à 1895, eurent lieu 7 courses dont l’aspect spectaculaire inspira au cinéma les films « Cimarron » ou « Horizons Lointains ».
Au boom pétrolier des années 1920, succéda la sécheresse des Dust Bowls des années 1930 qui déclencha, lors de la Grande Dépression, l’émigration des fermiers pauvres et ruinés vers les mirages californiens via la Route 66. L’histoire poignante des « Oakies », chassés sur les routes par les bulldozers des spéculateurs fonciers, et leur détresse saisie dans les instantanés de Dorothée Lange, inspirèrent « Les Raisins de la Colère » à John Steinbeck. Adapté au cinéma par John Ford en 1939, ce film donna à Henry Fonda l’un de ses plus beaux rôles. Cette période nourrit également les chansons de Woody Guthrie dont Bob Dylan et Bruce Springsteen sont les héritiers.
Cet héritage est aujourd'hui lié à celui, plus vintage, de la Route 66 séduisant les « baby boomers », et à un patchwork de paysages passant du vert de la forêt orientale au rouge des plaines arides piquetées d’éoliennes, en passant par la prairie parcourue par les tornades, les lacs, cascades et de puissantes rivières.
SAINT LOUIS (Missouri)
Saint-Louis (en anglais Saint Louis, souvent abrégé en St. Louis) est une ville indépendante dans le Missouri aux États-Unis, située à environ 470 kilomètres au sud-ouest de Chicago, la ville compte 319 294 habitants et Grand Saint-Louis qui est l'agglomération principale de la plus grande zone urbaine du Missouri et la 16e des États-Unis compte 2 879 934 habitants en 2008 (source US census bureau)1.
La ville fut fondée en 1764 juste au sud du confluent des rivières du Missouri et du Mississippi par les commerçants et colons canadiens Pierre Laclède et René Auguste Chouteau. La ville comme le futur État du Missouri devinrent un territoire de l'Empire espagnol après que les Français furent défaits durant la guerre de Sept Ans. En 1800, le territoire fut secrètement rendu à la France, que son dirigeant, Napoléon Bonaparte, revendit aux États-Unis en 1803.
Surnommée la « Gateway to the West » pour son rôle dans l'expansion vers l'ouest des États-Unis, la ville donna en 1965 son petit nom à une nouvelle construction faisant partie du Jefferson National Expansion Memorial, la Gateway Arch ; l'arche est devenue l'icône de Saint-Louis.
Autrefois 4e plus grande ville des États-Unis, Saint-Louis a vu sa population tomber à la 52e place2. Au plus haut de sa densité, Saint-Louis accueillit l'Exposition universelle de 1904 et les Jeux olympiques d'été de 1904.
Au xixe siècle, l'immigration provenant d'Italie, d'Allemagne, de Bohême, et d'Irlande inonda Saint-Louis, colorant la cuisine et l'architecture de la ville. Beaucoup d'Afro-Américains se dirigèrent au nord de la ville[réf. souhaitée] durant la Grande Migration.
SPRINGFIELD (Illinois)
La ville de Springfield est la capitale de l'État de l'Illinois, aux États-Unis, et le siège du comté de Sangamon. D'après le Bureau du recensement des États-Unis, Springfield comptait 116 482 habitants pour la commune et 206 000 pour l'agglomération en 2006. Bien qu'elle soit la capitale de l'État, elle reste bien souvent dans l'ombre de Chicago, première ville de l'État et troisième ville américaine par sa population. Abraham Lincoln est l'un des anciens résidents les plus importants, car en 1831 il déménagea de l'État de l'Indiana pour s'y installer et vécu à Springfield de 1837 jusqu'à 1861.
Le peuplement débuta à la fin des années 1810 et la ville fut d'abord appelée Calhoun en hommage à John Caldwell Calhoun avant d'être renommée Springfield en 1832. Devenue le siège du comté de Sangamon en 1821, la ville fut désignée comme capitale de l'État de l'Illinois en 1837.
Abraham Lincoln vécut à Springfield de 1837 à 1861, date à laquelle il exerça la profession d'avocat en parallèle avec sa carrière politique. Lors du déclenchement de la guerre de Sécession en 1861, Ulysses Simpson Grant commença sa carrière militaire dans la ville en prenant la direction des milices de l'Illinois.
En 2008, Barack Obama, sénateur de l'Illinois, déclare officiellement sa candidature à l'investiture démocrate devant une foule de partisans dans les rues de Springfield.
CHICAGO
Chicago est le deuxième centre industriel du pays et l'une des plus importantes places financières mondiales (c'est ici que l'on fixe le prix du blé et du soja). Le dynamisme de la ville a donné naissance à une pensée économique ultraconservatrice, dite « école de Chicago » (théories de Milton Friedman basées sur le libéralisme économique total). Surnommés Chicago Boys, ses émules furent, entre autres, conseillers de Pinochet au Chili, où ces théories ont d'ailleurs complètement fait faillite.Les Indiens
Avant même que la ville ne soit créée, cette région était recouverte par les eaux. Les Indiens appelèrent leur rivière Checagou, du nom des oignons sauvages qui poussaient dans cette zone marécageuse.
Cet ancien bivouac, point de passage et de liaison des Indiens, des explorateurs et des missionnaires, entre le Canada et le bassin du Mississippi, devient poste permanent de traite de fourrures. C'est le coureur des bois Jolliet et le jésuite Marquette qui, en 1673, revenant d'une expédition dans le Mississippi, parviennent au site actuel de Chicago. Ils l'appellent « Prairies » à cause de sa situation au milieu de vastes plaines recouvertes d'herbes hautes et denses.
Neuf ans plus tard, Cavelier de La Salle, un autre explorateur français, prend possession des lieux, au nom du roi de France. Il nomme « Louisiane » ce nouveau territoire qui s'étale du Mississippi jusqu'aux Rocheuses.
Vers 1779, Jean-Baptiste Point du Sable, un autre Français, établit un comptoir sur la rive nord de la Chicago River (actuelle Michigan Avenue). Il négocie alors les fourrures avec les Indiens locaux, les Potawatomis. Puis, il vend le comptoir à John Kenzie, marchand de fourrures à New York. La Louisiane est vendue, elle, par Napoléon au jeune État américain, en 1803.
La conquête de l'Ouest
La même année, les Américains construisent le Fort Dearborn à l'entrée de la Chicago River. Celui-ci marque alors le début de la conquête de l'Ouest et l'éviction des Indiens potawatomis, par le général « Mad » Anthony Wayne, figure légendaire de la guerre d'Indépendance.
Au milieu du XIXe siècle, la ville devient la plaque tournante du réseau ferroviaire américain, avec la fameuse ligne Union Pacific qui permet de rejoindre San Francisco dès 1869. C'est l'époque où affluent quantité d'émigrés irlandais et allemands, à qui les protestants d'origine anglo-saxonne reprochent un penchant notoire pour les réjouissances bruyantes et alcoolisées. En 1855, une « émeute de la bière » oppose la police aux émigrés qui protestent contre une taxation excessive de la bière dans les saloons. C'est le début de l'organisation politique des nouveaux émigrés pour faire valoir leurs droits face à une oligarchie dominante et affairiste.
C'est aussi le début du système clientéliste, qui en fera la place forte du parti démocrate, qui maîtrise le mieux le « vote ethnique » des Irlandais, Allemands, Suédois, Tchèques et Polonais, en leur promettant emplois et avantages de toutes sortes.
Guerre de Sécession
Pendant la guerre de Sécession (1861-1865), Chicago supplante Saint-Louis, trop proche des champs de bataille, mais profite du conflit pour développer des industries mécaniques et métallurgiques. La ville devient alors l'un des grands marchés à bestiaux du pays, qui exporte la viande fraîche vers la côte Est, grâce à l'invention du wagon réfrigéré.
Elle passe de 400 habitants en 1833 à 300 000 en 1870. Elle atteint 1 million en 1890, puis 2 millions 20 ans plus tard (aujourd'hui, Chicago approche les3 millions et, avec sa banlieue, les 9 millions d'habitants).
Le XIXe siècle
L'incendie géant de 1871 a donné le coup d'envoi définitif à la modernisation de la ville en imposant d'autres normes et matériaux de construction.
La célèbre prohibition, établie de 1919 à 1933 et interdisant la vente de toute boisson contenant plus de 0,5° d'alcool, entraîne l'apparition d'une véritable industrie de distillation illégale et le développement des speakeasies (débits de boissons clandestins), dénommés ainsi d'après l'habitude qu'avaient les patrons des tripots de demander à leurs clients de parler doucement lorsqu'ils demandaient de l'alcool, afin de ne pas attirer l'attention de la police. La guerre des gangs pour la possession de ce juteux marché fait des centaines de morts. L'argent coule à flots et, en grande partie, dans les poches des policiers et des politiciens véreux. On voit le chef de la police poser en photo avec Al Capone !
Au cours de l'une des années les plus sanglantes, il n'y eut, sur 1 059 crimes répertoriés, que 25 cas élucidés ! Assassinats et corruption devaient entacher pour longtemps la réputation de Chicago.
Guerre du Vietnam
En pleine guerre du Vietnam, en 1968, d'importantes manifestations d'étudiants et de pacifistes lors de la Convention nationale démocrate sont violemment réprimées, transformant la ville en camp retranché sillonné par les blindés de la garde nationale. Avec ses 600 arrestations, 1 000 blessés et 1 mort, l'événement marqua toute la génération du Flower Power.
Quatre mois auparavant déjà, le maire Richard Daley, un des « éléphants » du parti démocrate, avait fait durement réprimer les émeutes dans les quartiers noirs, consécutives à l'assassinat de Martin Luther King. Il avait ordonné de « tirer pour tuer tous les incendiaires et mutiler les pillards ».
Chicago aujourd'hui
Heureusement, Chicago a désormais une autre image. D'abord, celle d'un certain succès du melting-pot. Plus que dans toute autre ville, on sent la volonté des communautés irlandaise, italienne, juive, polonaise (deuxième ville polonaise au monde), etc., de s'intégrer.
Les habitants de Chicago ont également montré leur ouverture d'esprit en plaçant pour la première fois, en 1979, une femme (Jane Byrne) à la tête d'une grande ville, puis en élisant, en 1983, un maire noir (Harold Washington, alors que la communauté noire ne représente que 36 % de la population et qu'elle vote peu).
Chicago a aussi élu la première femme noire au Sénat lors des élections, en 1992. Quant au sénateur de l'Illinois Barack Obama, il est entré dans l'histoire en devenant le premier président noir des États-Unis. Sa victoire électorale a été fêtée dans Grant Park en novembre 2008. Depuis l'époque d'Al Capone, l'histoire a tourné bien des pages...
Les abattoirs de Chicago
Chicago doit sa fortune et sa réputation aux énormes abattoirs (Union Stock Yards), installés au nord de la ville en 1865. À l’époque, ces abattoirs (les plus grands du monde, bien sûr) traitaient jusqu’à 19 millions de têtes de bétail par an, et faisaient vivre d’innombrables usines de traitement de la viande, où travaillaient plus de 30 000 ouvriers. Les épouvantables conditions de travail à la chaîne qui y régnaient ont été décrites dans le roman La Jungle d’Upton Sinclair.
Les abattoirs ont fermé définitivement leurs portes en 1971. En l’honneur du sympathique ruminant qui a quand même largement contribué à l’enrichissement de Chicago, on a choisi le bœuf comme symbole de la ville.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire